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Covid 19 : 3 questions à François Leduc, Directeur Général Délégué de Verspieren

1- Quel est l’impact du Covid 19 sur votre activité ?

Très rapidement, à partir du 17 mars, nous avons connu une activité qui s’est réduite, de façon plus ou moins marquée selon les secteurs, en fonction de l’activité de nos clients:

  • Certains clients sont -ou étaient- à l’arrêt quasi complet : je pense notamment à la promotion immobilière, la construction, la distribution non alimentaire ou les flottes auto d’entreprises… Cela a donc réduit drastiquement certaines de nos prestations de Back Office (gestion des couvertures ou des sinistres) ainsi que les ventes de produits d’assurance associés. Côté Back Office nous avons enregistré par ex. une chute de 70% des déclarations de sinistres auto, des arrêts de milliers de chantiers de construction ou même encore, plus étonnant, une forte baisse des appels (-60%) ou du nombre de remboursements (-70%) en Mutuelles frais de santé. Côté ventes de produits d’assurances directement liés à une activité, elles se sont arrêtées en même temps que celles de nos clients, par ex. les garanties panne mécanique sur véhicules d’occasion avec les fermetures des concessions automobiles, ou encore les assurances construction avec les chantiers ou les entreprises du secteur.
  • D’autre-part, nous connaissons une forte demande d’accompagnement de tous nos clients à tous niveaux (DG, DAF, DRH, Risk Managers…) en termes de conseil, d’adaptation des couvertures à l’activité ou de modalités de fonctionnement ou de paiement des garanties dans le contexte du COVID19.

Même si nos fondamentaux restent très solides, les reports de paiement, les réductions d’assiettes (valeurs des stocks, Chiffre d’Affaires, chantiers ouverts…) voire des défaillances probables de clients exposés auront un effet négatif sur notre chiffre d’affaires qu’il est complexe d’estimer à ce jour. Comme toutes les entreprises, nous sommes amenés à réviser à la baisse notre  trajectoire 2020 et 2021, alors que nos anticipations étaient très positives il y a encore 6 mois.

2- Comment votre structure s’est-elle adaptée ?

Dès le 13 mars nous avons organisé le télétravail chez Verspieren sur l’ensemble de nos sites – l’épisode des grèves à la fin de l’année dernière avait d’ailleurs servi de répétition.  Dès le 17 mars nous avons atteint un très bon taux de télétravail : en moyenne chaque jour, il y a plus de 80% des collaborateurs connectés au système informatique de Verspieren, soit via du matériel professionnel, soit via leur matériel personnel connecté à notre SI par une plate-forme sécurisée.

Seuls restent sur les sites, qui sont fermés jusqu’au 11 mai, les personnels indispensables (numérisation du courrier, sécurité, nettoyage, ou quelques volontaires dédiés à accompagner les télétravailleurs pour l’accès à certains documents). Nous avons recours également à la prise de congés ciblée pour adapter en permanence nos ressources à la demande de la clientèle. Nous profitons aussi de cette période pour avancer plus vite sur certains chantiers IT sélectionnés, en mettant à profit la plus grande disponibilité des équipes métier moins sollicitées en période COVID19.

3- Comment accompagnez-vous les entreprises dans ce contexte ?

Nos clients sont notre première préoccupation, et notre raison d’être.

Comme indiqué plus haut, nous menons un gros travail en terme de conseil sur tous les aspects de la gestion du risque et de l’assurance dans l’entreprise, par ex :

  • sur les procédures de protection et de garantie des chantiers arrêtés,
  • sur l’application des couvertures dans les régimes collectifs obligatoires de Prévoyance. Sur ce point nous avons mis en ligne avec nos juristes spécialisés en protection sociale un podcast sur les impacts des dispositions prises par les pouvoirs publics sur ces régimes, et notamment la prise en charge des arrêts de travail dérogatoires et de l’activité partielle : https://www.youtube.com/watch?v=90XnNwxACAs&feature=youtu.be
  • sur les conditions de renouvellement des contrats : si nous observons une relative bienveillance des assureurs  sur des reports de paiement au cas par cas, les conditions tarifaires plus difficiles qui prévalaient en assurances de Biens et de Responsabilités de l’Entreprise juste avant le COVID19 sont toujours présentes. Les taux d’intérêt négatifs ainsi que la dévalorisation de leurs actifs financiers placés en regard de leurs obligations réglementaires mettent les assureurs sous contrainte, ce qui ne facilite pas nos négociations.
  • sur l’indemnisation des sinistres : nous constatons, on l’a vu tout à l’heure, une forte baisse des sinistres de fréquence, comme en flotte automobile d’entreprise. Nous notons par contre une recrudescence des sinistres graves, notamment :
  • en matière de Cyber malveillance, c’est-à-dire des indemnisations pouvant atteindre plusieurs millions d’euros, très souvent dans le cadre de Ransomware (ou Rançongiciel). Cela suggère que la part accrue de télétravail a fragilisé les protections numériques de nombreuses organisations, perturbées par ailleurs par la crise actuelle.
  • En matière de régimes de Prévoyance collective, nous notons malheureusement une augmentation à fin avril 2020 comparé à avril 2019 de 12% du nombre de décès déclarés à indemniser, sans qu’il soit pour autant permis d’établir un lien avec la pandémie…