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La formation professionnelle se réforme, mais qu’est-ce qui change, concrètement ?

Un big bang de la formation professionnelle, c’est ce que nous a annoncé le gouvernement avec la loi du 5 septembre 2018, relative à la liberté de choisir son avenir professionnel.

Mais comment cette réforme impacte-t-elle les salariés ou les entreprises ?

 

Concernant les salariés, qu’est-ce qui change ?

Jusqu’en 2018, un salarié qui souhaitait réaliser une formation autre que celles proposées par son entreprise pouvait utiliser son CPF (Compte Personnel de Formation) ou le CIF (Congé Individuel de Formation). Depuis le 1er janvier 2019, le CIF a disparu, pour laisser place au “projet de transition professionnelle”. En 2019, ce sont encore les Fongecif (financeurs du CIF) qui continuent, en transition, à financer ces formations. Mais, en 2020, le salarié souhaitant acquérir une meilleure qualification ou se reconvertir devra s’adresser à une nouvelle commission paritaire régionale interprofessionnelle, pour demander le financement de sa formation.

Concernant son CPF, chaque salarié peut constater, en se connectant à son compte sur moncompteactivite.gouv.fr, que les heures acquises jusqu’à maintenant ont été converties, à hauteur de 15€/heure. Ainsi, certains salariés bénéficient aujourd’hui, sur leur compteur, de 2880 € pour les aider, sous certaines conditions, à financer une formation. A partir de 2019, c’est une somme de 500€ (sauf cas particulier), qui sera ajoutée, tous les ans, au compte de chaque salarié, pour lui permettre de financer une formation certifiante, un bilan de compétences, une VAE, un accompagnement à la création d’entreprise, ou même son permis.

 

Et les entreprises ? A quoi doivent-elles être attentives, avec cette réforme ?

La première alerte, pour les entreprises, concerne le financement.

Tout d’abord, alors même qu’elles viennent, en février, de verser leur cotisation habituelle à la formation professionnelle, les entreprises doivent se préparer à un 2ème appel à cotisations, avant le 15 septembre 2019.

Les entreprises de 50 salariés et plus perdent également toute possibilité d’aide pour financer la formation de leurs salariés, en dehors de l’alternance.

D’autre part, si les conditions de l’entretien professionnel sont un peu revues, le risque de sanction de 3000€ / salarié est maintenu et s’appliquera dès les premiers bilans, début 2020, pour tout salarié qui n’aurait pas bénéficié d’une formation autre qu’une formation règlementaire sur les 6 dernières années ET de tous ses entretiens professionnels.

Les entreprises de moins de 50 salariés devraient, a contrario, bénéficier de plus de budget pour les aider à financer des actions de formation.

Enfin, la définition de l’action de formation s’élargit, ce qui permet d’envisager de nouvelles solutions pédagogiques pour développer les compétences de ses salariés.

 

Mais alors, concrètement, que peuvent faire les entreprises ?

La première chose à faire consiste à vite évaluer l’impact de la réforme sur leur budget.

Puis, pour les entreprises de 50 salariés et plus, il s’agit de vérifier où elles en sont concernant les conditions des entretiens professionnels afin de ne pas être sanctionnées l’année prochaine.

Enfin, les entreprises ont tout intérêt à repenser leur façon de construire leur plan de formation en y incluant du co-investissement pour les formations CPF et en envisageant le développement des compétences par aussi d’autres actions que des actions de formation.

 

 

Alexandra Klamecki aide depuis 15 ans les entreprises à trouver des solutions pour optimiser le développement des compétences de leurs salariés.

Fondatrice d’Umana, elle accompagne les dirigeants, les services RH et les managers sur des sujets tels que les entretiens professionnels, l’optimisation de leur plan de développement des compétences et l’intelligence collective, pour que le travail soit à la fois plus efficace pour l’entreprise et plus gratifiant pour la personne.